Qui aurait cru, il y a quelques années, voir autant de vélos dans les rues des cités françaises ? Pour tout citadin,
cette hausse est particulièrement tangible : des délais d’attentes de plusieurs semaines chez son mécanicien vélo, des magasins en rupture de stock, des vélos rutilants côtoient d’autres antiquités sorties des caves, tandis que des embouteillages de cyclistes re-voient le jour, nous rappelant un temps où la bicyclette était reine.
Ce nouvel engouement pour le vélo utilitaire est l’aube d’un renouveau de la mobilité urbaine. Petite reine du déconfinement, ses avantages pour les employeurs sont multiples.

Gain en ponctualité, productivité et baisse du taux d’absentéisme : la pratique du vélo est un véritable atout pour les ressources humaines. Les employeurs ont plus que jamais un rôle important à jouer pour sécuriser, protéger et accompagner leurs collaborateurs cyclistes.

évolution de la pratique du vélo
La hausse de la pratique de la bicyclette dans nos cités est particulièrement flagrante depuis le déconfinement. Cette mobilité active devient progressivement un réflexe pour les trajets de courte durée. Ce constat s’explique par sa normalisation et sa politisation.
Normalisation par son intérêt grandissant dans les médias. Un temps flattée, ou autre, critiquée, la petite reine figure fréquemment dans notre presse préférée.
Politisation dans le sens où le vélo est enfin pris au sérieux. Il est devenu l’objet de politiques publiques. Près de deux minutes y furent consacrées par Jean Castex dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, promettant un “plan vélo très ambitieux et contractualisé avec les collectivités territoriales.”


Grâce au travail de collaboration entre acteurs de la société civile, collectivités locales et représentants nationaux, un système vélo complet voit le jour : pistes cyclables, programme “Savoir rouler à vélo” dans les écoles, renforcement de l’expertise sur la mobilité, facilité prochaine pour transporter son vélo dans les cars et trains, aides à l’achat proposées par de nombreuses collectivités locales et forfait mobilités durables sur l’initiative des employeurs.
Cette amélioration du système vélo est la véritable cause de l’agrandissement du peloton cycliste. Pour reprendre les termes d’Elisabeth Borne dans les colonnes du Vélocité n°155 (magazine édité par la FUB), la France est en train de devenir une “nation du vélo”. Depuis le déconfinement, une hausse de 27% des passages vélo a été comptée par rapport à la même période l’année dernière.

Cette hausse est très importante dans les centre urbains : elle est de 62% à Paris et de 27% à Lille. Inédite et spectaculaire, cette hausse n’est pourtant pas nouvelle. En effet, la pratique du vélo a connu une croissance continue de 2013 à 2019 d’environ 19%. Entre 2018 à 2019, cette hausse était de 5% tirée par le haut par les trajets dits utilitaires (+8%) dont font
partie le velotaf.
L’augmentation en 2020 est la confirmation d’une tendance forte et vérifiée d’années en années. Les employeurs ne peuvent plus ignorer cette mobilité dont ils sont généralement des bénéficiaires qui l’ignorent.

mobilité vélo : une opportunité pour les entreprises
L’usage du vélo au quotidien permet à tout un chacun de réaliser une activité physique et de bénéficier de ses vertus. Selon l’OMS, il permettrait de faire baisser le risque de dépression et de maladies non-transmissibles 4. En conséquence : une baisse de 15% de l’absentéisme en entreprise serait à enregistrer chez les pratiquants réguliers 5. Selon une enquête récente d’Ekodev, il améliore le sentiment de qualité de vie au travail 6. Mens sana in copore sano 7: en adoptant la bicyclette pour se rendre sur son lieu de travail, on gagnerait 6 à 9% de productivité;


Le vélo est bon pour la santé, le vélo est bon pour l’entreprise. De multiples acteurs de la mobilité active ne s’y trompent pas et apparaissent dans l’écosystème fleurissant du vélo.
Des services de VAE (vélo à assistance électrique) partagés voient le jour dans nos villes. Certains se positionnent sur le covélotaff, quand d’autres cherchent à faciliter la mise en œuvre du Forfait Mobilité Durable en proposant un service de cartes prépayées.

cadre légal
Représentant 30% des émissions de GES nationales, le secteur des transports est un des chantiers urgents de l’objectif de
neutralité carbone. La mobilité des salariés est un enjeu fort puisqu’elle intègre les “Négociations annuelles”, obligatoires
depuis la mise en œuvre de la loi d’orientation des mobilités (LOM). À défaut d’accords sur la mobilité, doit être mis en place
un plan de mobilité en entreprise 9 visant à faciliter, optimiser et décarboner les déplacements des collaborateurs.
Alliant vitesse, bien-être et faible émetteur carbone, le vélo est une des solutions phares à promouvoir auprès des employeurs. Il bénéficie d’un cadre réglementaire particulièrement avantageux.
Les frais (achat, frais d’installation, entretien) générés par la mise à disposition par l’employeur de vélos pour l’usage privé ne sont pas considérés comme un avantage en nature. Par ailleurs la mise à disposition gratuite de vélos aux salariés bénéficie d’une déduction fiscale de 25% du prix d’achat ou de location du cycle.
L’employeur connaît des facilités pour mettre à disposition des vélos à ses collaborateurs, mais il peut de façon avantageuse les encourager à acheter, louer, ou renforcer leur sécurité par l’intermédiaire du Forfait Mobilités Durables (ci-après “FMD”).
Le FMD est une aide facultative défiscalisée dans la limite de 500 euros à destination de tous les collaborateurs d’un employeur. L’incitation financière joue un rôle primordial pour susciter un report modal. Une étude du CEREMA portants sur les agents publics a montré que la mise en place de l’Indice Kilométrique Vélo se traduit par une hausse de 25% des cyclistes
quotidiens, ou quasi quotidiens.